Septième série : Les Élégies sont un recueil de poésie dont le sens s’estompe, comme un chemin dont la trace s’effacerait progressivement. Dans la poésie de Rilke, le sensible remplace l’intelligible. Les contours que je peine à faire émerger peuvent évoquer les balbutiements de « ce nulle part laborieux » (1) propre à Rilke. À la frontière instable entre le blanc et la couleur, ils viennent de cet endroit où les mots ne peuvent plus s’exprimer. Ailleurs.

Ce que nous percevons du monde pourrait n’être que le fragment d’une réalité beaucoup plus vaste. Cette série d’oeuvres est un témoignage de cet espace méconnu.

À un niveau profond de la perception, s’étire, se plisse et se contracte l’espace de nos sensations. À peine évoqué par mes œuvres, cet univers dynamique nous entraine dans sa réalité propre.

« Et de plus en plus mince, le dehors, disparait » (2)

 

Silvère Jarrosson

1 – Rainer Maria Rilke, Les Élégies de Duino (cinquième élégie)

2 – Rainer Maria Rilke, Les Élégies de Duino (septième élégie)