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Quel rapport entretenons-nous avec le monde des idées, la spéculation imaginative comme discipline de l’esprit, et ce qu’elle engendre ? Ce court-métrage propose une exploration onirique de ces terra incognita mentales ou géologiques, génératrice d’idées et de vie. 
 
En nous montrant ce qui existe mais que l’on voit rarement, ces images deviennent l’équivalent d’un caillou rapporté de la Lune : le témoignage d’un lieu méconnu, qui fascine et interroge sur les frontières du persceptible que l’on croit connaitre. L’univers mental propre à chacun est bordé d’inconnu et tout ce qui en vient de l’extérieur est de nature à remettre en question ces frontières interieures en les assouplissant et les élargissant.
 
Ce que nous vivons ne serait-il que le fragment d’une entité beaucoup plus vaste et complexe ? L’éveil des consciences revendiqué par l’art contemporain opèrerait alors en ramenant dans le champs de la conscience des fragments et témoignages de cet espace aux dimensions multiples et imbriquées. À notre époque où les neuro-sciences lèvent progressivement le voile sur le fonctionnement de l’esprit humain, l’introspection et l’exploration de ce supra-monde intime et imaginaire sont plus que jamais envisageables.
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Silvère Jarrosson
Silvère Jarrosson
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Mes toiles traduisent une ambiguité latente entre mouvement et immobilité. Elles sont des fossils, des traces laissées par un mouvement qui engendra leur naissance. De cette ambiguité nait également mon travail sur la vidéo. Je ne le conçois pas comme un appendice de mes recherches picturales, mais bien comme partie intégrante de celles-ci. Symétriquement, ce travail numérique agit aussi sur ma manière de peindre.

Je procède sans caméra. À partir de photographies, un traitement informatique me permets de rendre à mes œuvres les mouvements organiques tremblotants qui en ont initié la naissance. Où sommes nous exactement ? Pas seulement dans un espace blanc sans bords ni dimensions, mais aussi dans les prémices de la naissance de quelque chose. Le chaos uterin et les gesticulations des premiers instants qui se cherchent.

Les mouvements, palpitations et étirements de ces Fragments de peinture rappellent ceux à l’œuvre au moment de la réalisation de mes toiles et interrogent une fois de plus la naissance de ces formes. Les nuances qu’empruntent ces gestes dansés autant que leur incohérence participent à rendre l’illusion du vivant. Par l’utilisation du numérique, je multiplie les cheminements au sein de la toile, comme les mouvements d’un corps qui se déploierait à l’intérieur. Sans cadre spatial, ce ballet abstrait est une nouvelle façon de penser l’univers chorégraphique.

Silvère Jarrosson